"Il a voulu protéger ses filles, d’une certaine façon, de la honte - donc ce n’est pas de sa faute, mais il y avait d’autres façons de protéger ses filles."

Franchement, quand j’ai parlé à mon père, c’est juste un peu avant l’année de son décès qu’on a vraiment parlé. Avant on n’a jamais parlé ni de mon problème ni de nous deux. Il a dit qu’il le regrettait et que c’était le Mektoub.
Pour moi, c’est l’entourage de la famille qui lui ont mis des idées en tête parce que mon père malgré tout, je l’ai toujours préféré à ma mère parce que pour moi la mère doit protéger ses enfants plus que le père. Il y a l’instinct maternel et ma mère ne nous a pas assez soutenus. Moi si mon mari faisait cela à ma fille, je défendrais ma fille. J’essaierais de raisonner mon mari, je lui dirais « tu ne peux pas faire cela à ta fille ». Nous, les enfants, nous n’avons eu aucun soutien au niveau de ma mère.
Moi, mon père je l’ai pardonné à 100 %. Il a voulu protéger ses filles d’une certaine façon de la honte donc ce n’est pas de sa faute mais il y avait d’autres façons de protéger ses filles. Moi, aujourd’hui à mes enfants j’essaie de leur faire de la prévention, de la morale. Tous les jours il faut faire de la morale aux enfants. Aujourd’hui j’ai 3 enfants à moi et je ne vous l’ai pas dit, mon mari avait deux enfants, je les ai adoptés. Il y a une fille de 15 ans, on lui fait la morale et je discute avec elle comme jamais ma mère n’a discuté avec moi. C’est une fille très sérieuse.

Lila S.
Témoignages/Proches/Parents