"Cette situation n’existe pas en Algérie, une femme avec un homme doivent être mariés."

Le consulat d’Algérie refuse de faire un passeport parce qu’il faut le père pour signer. C’est moi qui ai la garde pour l’Etat Français. Comme ils disent là-bas c’est l’Etat Français et dans le bureau du consulat vous êtes sur le territoire algérien.
Chez nous, c’est le père qui doit signer le passeport pour l’enfant qui part, il doit donner l’autorisation parentale pour que l’enfant puisse sortir de France. Pour son frère, c’est pareil il a la nationalité française et je peux obtenir son passeport à la mairie, un visa s’il le faut mais j’ai tout de même besoin de l’autorisation parentale pour le sortir sinon si je les sors sans autorisation, à la douane pour rentrer il n’y a pas moyen. Ils resteraient là-bas.
C’est pour cela que je n’arrive pas à y aller en famille.
L’année dernière quand je suis allée avec lui, j’avais l’autorisation parentale et on a quand même eu des problèmes en entrant ici. A la douane, ils me disent l’autorisation parentale ne prouve rien. Comment ça, ne prouve rien, on le fait au consulat et on paie pour et ça ne prouve rien ! C’est leur père, moi je suis leur mère. J’ai déjà réglé ce problème là au consulat. Je me trouve coincée à la douane avec 2 enfants où l’on me dit que l’autorisation n’est rien du tout.
Vous n’avez pas un carnet de famille ? Non, je n’en ai pas parce que je ne suis pas mariée. Cette situation n’existe pas en Algérie, une femme avec un homme doivent être mariés. Je n’ai pas de carnet de mariage par l’Etat mais nous sommes mariés par l’Imam. Nous vivons maritalement. Le douanier me répond, il me faut le carnet de mariage. Le mariage par l’Imam ne suffit pas.
Pour l’Etat, je ne suis pas la femme de ce monsieur là qui est leur père. Avez-vous des extraits de naissance à me présenter pour voir si vous êtes vraiment les parents de ces enfants. Heureusement j’en avais parce que je fais tout le temps des papiers ici. Je sors les extraits de naissance. Il les a examinés et à la façon qu’il les a regardés, j’ai eu l’impression qu’il ne savait peut-être pas lire. Il a confronté autorisation parentale et extraits de naissance pour voir s’il s’agissait des mêmes enfants.
Tous ces faits ne m’encouragent pas à aller en Algérie. Si j’y retourne je crains qu’ils me fassent le même coup ou bien qu’ils gardent mes enfants. Vous m’imaginez aller en Algérie, revenir sans eux et ici me demander qu’est-ce que j’ai fait et qu’est-ce que je fais. Cela me fait peur.

Fatima A.
Témoignages/France/Papiers