"Cest vrai, ici, ils donnent de largent, moi jmen fous de largent ! Moi, je cherche du travail comme les gens, je veux vivre comme les autres."
La réponse, normalement, ils la donnent trois mois, six mois, même peut-être un an après, je sais pas. Eh bien moi, je reste comme ça, je travaille pas, jai pas le droit ; je fais rien. Je vis je sais pas comment ; cest vrai, ici, ils donnent de largent, moi jmen fous de largent ! Moi, je cherche du travail comme les gens, je veux vivre comme les autres. Pourquoi moi, jai pas le droit au travail ? Dans mon pays, je travaille, jattends pas que quelquun donne de largent : «Tiens, cest pour toi pour vivre !» Pourquoi ? Yen a pas les mains, yen a pas les pieds ! Yen a tout !
Cest pas moi toute seule. Yen a plein de gens, ils sont comme moi... Je rigole dans la journée. Après, le soir, je pars à la maison ; je reste je sais pas comment, je pense : «Ouais, regarde ma vie comment elle est, les gens me regardent comme ça...eh ben !»
Quand la dernière fois à lAMATRAMI , on ma dit : «Nous on court derrière toi ; à Paris, ils donnent la réponse : tu restes ou tu restes pas.» Je suis restée 3 jours là-bas, jai dormi près du tribunal. Après, il ma donné la réponse négative. Le premier juillet... Ça veut dire : tu restes pas ici. Jai fait appel. Maintenant, jattends aussi trois mois, six mois, un an, ça dépend, je sais pas.
Comme la dernière fois,une fille, cest une Algérienne, la police ils lont emmenée jusquà laéroport. Pourquoi ? Oui, ici à Verdun. Ils ont attrapé elle comme ça, direct aéroport, elle est pas partie à sa famille, même les affaires delle, y sont restées ici à Verdun...
Maintenant, heureusement, il y a ici les copines, les amis. Des fois, joublie les problèmes ; après, quand je reste toute seule, je pense tous les trucs, je pense : regarde ma vie, regarde ça ! Je sens quelque chose pas comme les autres ; ici, jhabite toute seule.
Farida C.
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