"Quand je suis arrivée en France, j'avais de la famille à Paris et Marseille mais c'était trop loin, je ne connaissais personne."

Si vous voulez quand je suis arrivée ici, j’ai de la famille mais à Paris, à Marseille, c’est trop loin, je vois personne. Je suis arrivée ici comme si j’étais tombée du ciel, je me suis trouvée par terre ; je connais personne et je parlais pas français du tout, enfin deux, trois mots, c’est tout. Et c’est une année qui est gravée dans la tête et je m’en souviendrai de toute ma vie.
C’était trop difficile et mon mari est resté une semaine avec moi à la maison ; il est obligé de sortir, faire les courses, ramener les gamines à l’école, mais au bout d’une semaine, il a repris son travail. Moi, je me lève le matin, j’habille les filles et je les laisse aller toutes seules. L’école est pas loin mais moi, j’ose pas sortir ; c’est vrai, rien que voir quelqu’un qui me regarde, qui rigole, ben ça y est, je me dis : «c’est parce que je suis venue de là-bas, il se moque de moi, quoi ! »
Mais après, petit à petit, je sais, les gens sont venus vers moi, essayent de me parler, d’être un petit peu avec moi et je me suis rendue compte que c’est pour mon bien à moi. Et j’ai commencé à aller vers les autres, à faire le pas et voilà, ça a été tout seul. J’ai commencé à parler le français, j’ai parlé avec mes filles, un petit peu aussi avec mon mari. Il avait plein d’amis qui viennent ici et j’ai commencé à comprendre un petit peu ; après, on a crée l’Association Amatrami à Stenay et j’ai appris le reste avec l’Amatrami.

Houria B.
Témoignages / France / Adaptation