"Un jour mon mari est rentré à l'hôpital pour 15 jours : je me retrouvais seule avec 3 enfants, sans argent car c'était lui qui s'occupait de tout."
Du tout, non pas un mot ! Du tout, du tout je ne comprenais pas un mot., même pas demander une baguette ! la 1ère année, quand on est rentrés, cest mon mari qui ma débrouillée toute seule. Je suis obligée, je sors avec lui. Je me suis bagarrée avec lui, car il mavait dit : tu restes à la maison . Moi jai dit non ! Moi, je sors avec toi, je reste pas enfermée ! Parce que javais un petit garçon, je prends mon bébé sur le bras, javais pas de poussette
Je vais avec lui et jai entendu les gens, comment ils parlent.
Quand mon mari ramène toutes les courses à la maison
Avant, en France, le prix était mis sur les choses, cétait mis le prix. Et moi, jai pris toutes les choses, je les ai posées sur la table, et jai demandé à mon mari, ça, ça coûte combien ? Après jai regardé les chiffres du réveil, jai calculé avec le cadran et jai regardé les prix. Je ne connais pas les prix parce que je n'étais pas allée à l'école. Jai perdu mes parents, il y avait la guerre
ma sur qui sest occupée de moi était très pauvre, cest pour ça que je ne suis pas allée à lécole. Jai demandé à mon mari chaque fois... Il ne voulait pas Allez, allez ,
jai pas le temps
Il ne voulait pas
Je lai obligé à me montrer les prix !
Et puis tout doucement, tout doucement, jallais au magasin, jécoutais toujours les gens. Mon mari, je lai obligé à me montrer, petit à petit, mais je narrive pas à compter, cest lui qui soccupe de tout, je ne connais pas largent. Un jour, il est tombé malade. Il a vu un médecin qui lui a donné un traitement de 8 jours, le traitement ça ne marche pas, il faut retourner chez le médecin. Et lui, il rentre en urgence à lhôpital, et il me laisse, moi, à la maison avec les 3 enfants, sans argent, sans rien. Mon chauffage, il marche avec le mazout : il faut toujours tirer les bidons, tu vas à la pompe remplir les bidons ! Tu remplis le bidon, et comme ça le lendemain...
Moi, je vais chez lui à lhôpital, et je lui dis : « comment je fais, moi avec les enfants ? Le chauffage, il ne marche pas, et il fait froid pour les enfants ! » Il ma donné la carte, je vais à la banque et je demandé à la dame de largent. « Tu prends combien ? - Je prends mille francs ! » et la dame qui tape sur lordinateur ne trouve pas mon nom pas mon prénom, elle me dit : ton mari, il est tout seul dans la carte, je ne te donne pas largent. Alors comment jai fait ? je suis retournée chez lui à lhôpital. Et je lui ai dit : la banque, elle ne veut pas me donner largent parce que tu ne na pas mis mon nom dans le compte avec la carte. Alors lui, il demande lautorisation de sortir au directeur de lhôpital, il sort, il retire largent, après il ramène largent la maison, et il retourne à lhôpital.
Moi toute seule avec 3 enfants, quand même je me débrouille. Jai cherché les courses, le mazout, quand même je me débrouille, je comprends quand même
quand même un peu
en courses. Je ne ramène pas grand chose, pas les choses que lui ramène, mais un petit peu
Un petit peu, à force, à force, cest obligé. A force... à force... Lui est resté 15 jours à lhôpital et moi, je me suis débrouillée avec les enfants, mais je navais pas le droit de retirer largent. Voilà.
Djemaia M.
Témoignages / France / Adaptation