"Déjà quand je suis descendue à Marseille, c'était dur ! Alors quand je suis arrivée à Verdun..."

Déjà quand je suis descendue à Marseille, c'était dur ! Alors quand je suis arrivée à Verdun... C'était dur ! Déjà mon mari commencait le travail à 3 heures du matin pour rentrer à 2 heures de l'après-midi. Et moi, dans une chambre, enfermée avec mon fils de 4 ans, ne parlant pas un mot de français - seulement "bonjour", "bonsoir" - pas plus que ça.
Quand j'entendais les français parler autour de moi (j'étais dans une maison particulière) j'avais l'impression de revivre la guerre quand j'étais petite et que j'entendais les militaires français. C'était dur ! Quand on est arrivé ici, j'étais malheureuse. J'étais très malheureuse. En plus il n'y avait personne ici - j'étais très malheureuse.
Après, ça a été tout doucement, tout doucement.
Mais quand on ne parle pas le français c'est encore plus dur.
Pour le français, j'ai commencé à apprendre en fréquentant les voisines françaises mais le plus grâce auquel j'ai appris à lire et écrire, c'est l'école de l'alpha en 92. L'école de l'alphabétisation de l'A.M.A.Tra.Mi.
Avant je ne fréquentais pas beaucoup de gens, je n'allais pas chez eux. Les gosses étaient petits, j'étais toujours à la maison. Et c'est seulement en 92, quand j'ai décidé de passer mon permis que j'ai eu un contact par Mlle Lejeune pour l'alpha car il fallait savoir écrire pour le permis. Le jour j'allais à l'école de l'alpha avec Thérèse et le soir j'allais au code. C'est grâce à l'école de l'alpha que j'ai réussi tout de suite.
Après j'ai commencé à fréquenter les activités de l'A.M.A.Tra.Mi. : je faisais des sorties avec eux, et tout... c'est là que j'ai commencé, en 92.


Aicha A.
Témoignages/France/Adaptation