"Les Islamistes téléphonent à ma mère : «Il faut que ta fille porte le voile, il faut pas qu'elle marche comme ça, il faut qu'elle arrête le travail.»"
Je venais ici parce que là-bas, en Algérie, y a des problèmes... tu sais, des problèmes d'islamistes, et moi, avant, je travaille en Algérie comme secrétaire ; je gagnais 1200 par mois. Là-bas, je vis pas avec le foulard, je marche comme ici. Après, les gens de l'Islam aiment pas les filles qui travaillent, qui portent pas le foulard. Moi, je travaille ; les Islamistes téléphonent à ma mère : «Il faut que ta fille elle porte le voile,il faut pas qu'elle marche comme ça, il faut qu'elle arrête le travail.»
Ma mère m'a dit: «Ma fille, les Islamistes ont dit ça et ça pour toi ; ils envoient des lettres.» Mais moi, j'arrêtais pas mon travail, je gagnais ma vie.
Des fois, les Islamistes viennent dans mon village où j'habite ; il prend les filles. Ma mère m'a dit : « Ma fille, ma fille, il faut que tu caches toi, il faut pas rester ici parce que le soir, il vient, il cherche toi.» Ma mère m'a emmenée dans une petite maison, ça fait loin ou j'habite, dans une vieille maison. J'ai caché là-bas tout noir, je vois rien. J'ai resté l'après-midi jusqu'à demain matin. Ma mère, quand elle est venue le matin, elle m'a trouvée : je tombai par terre, le grenier est cassé. Elle m'a emmenée à l'hôpital ; je suis restée à l'hôpital une semaine. Après, je suis sortie, je restais à la maison un mois, j'ai pas travaillé. Après, j'ai rentré à mon travail. Je restais là même les Islamistes envoient des lettres, téléphonent, parlent à mon père, à ma mère.
Mon père m'emmène au travail tous les matins ; il a peur les Islamistes y viennent me chercher dans mon transport, parce que où je travaille, il y a le transport. Et tous les jours, à sept heures du matin, il m'emmène et à cinq heures, il vient me chercher. Je sors pas, que avec ma mère et mon père, c'est tout.
Mon père m'a dit : « Ma fille, il faut que je cherche quelque chose pour toi, faut pas que tu restes ici parce que, si tu restes ici, c'est pas bien pour toi.» Après, je demande un visa pour que je viens ici, on m'a donné le visa. Je viens ici, j'ai quitté ma famille, tout; j'ai quitté mon travail, mon pays, tout ! Ben, c'est ça ! C'est pour ça je suis venue ici, pour que je cache ma tête, c'est tout.
Farida C.
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