"On a été élevé d’une façon très stricte, dans la peur, la crainte des parents."

Je n’ai pas voulu y croire. Pour moi, mon niveau scolaire était bon, j’avais réussi mes diplômes et ma mère me faisait croire que … j’avais passé un concours pour entrer dans une école de styliste et j’avais réussi ce concours. Je n’avais donc aucun problème de ce côté-là. Du fait que l’on n’avait pas le droit de sortir, je ne pouvais faire aucun mal, je souhaitais continuer mes études. J’y croyais. Je ne voulais pas croire ce que me disait mon professeur, bien qu’il y ait eu mes deux sœurs avant moi. Et puis, c’est arrivé.
Au fond de moi, je savais qu’ils allaient le faire mais on a été élevé dans un contexte qui ne nous permettait pas de répondre. On n’avait pas le droit de répondre. On n’avait pas le droit de claquer une porte. Si les parents étaient d’accord et pas vous, on n’avait pas le droit de répondre. On a été élevé d’une façon très stricte, dans la peur, la crainte des parents. Chaque fois qu’on allait ou revenait de l’école, il fallait prendre le bus. S’il y avait une minute de retard, on avait peur. Tous les parents savent que le bus n’est pas toujours à l’heure. Pour mon père, le bus devait être à l’heure. Frères et sœurs, nous avons toujours vécu avec la peur. A 18 ans, je vivais encore avec la peur, je n’aurais jamais fait quelque chose contre leur gré.

Lila S.
Témoignages/Algérie/Trad