"On ne peut pas oublier notre pays, c’est pas vrai, on ne peut pas oublier, c’est pas possible."

Et j’avais, vous savez, des amies qui venaient à la maison. Nous, on ne sortait pas, mais ma mère, elle était couturière, elle faisait la haute-couture. Elles venaient tous les jours à la maison, elles, leurs parents étaient plus libres, voyez-vous. C’était de la haute-bourgeoisie, et c’était de la famille à nous, alors elles venaient plus facilement. Ensemble, vraiment, c’était quand même…on passait des après-midi très agréables, et bon, nous, les jeunes filles, on était à part, soit elles lisaient, ou elles faisaient de la broderie, elles faisaient des travaux manuels, elles faisaient pas mal de choses.
Et nous veillions pendant les soirées du Ramadan, mon père nous emmenait, nous allions voir la famille, ou alors c’étaient des retrouvailles qu’il y avait. C’était quand même quelque chose de super, de magnifique quand il y avait des mariages où quelquefois il y avait des réceptions.
Vous savez, c’était quand même des réceptions de femmes, c’était des réceptions à part, c’était pas mixte. Quand il y avait des mariages ou des soirées, c’étaient des soirées à l’invitation de telle ou telle mariée, lorsqu’elle se mariait, alors la famille faisait une réception en son honneur, elle réunissait tout le monde, et vous savez toute la famille, c’était une soirée de 100 personnes, vous savez, quand même c’était très beau.
Et quelquefois, quand j’ai habité Azur Plage, il y avait des camps de vacances, aussi, sur le bord de mer, des camps de vacances de la CASORAL, justement parce que les logements appartenaient à la CASORAL et au ministère. Alors, mes voisines elles m'appellaient, le soir, nous allions sur le bord de mer sur la plage et dans les camps, avec les femmes. Les hommes sortaient, ils allaient quelque part veiller, et nous les femmes nous veillions ensemble, c’était quand de même très agréable. Et ils ont construit un club, vous savez, un très beau club, à la place de ces camps de vacances ; aussi quelquefois, en 99, j’y allais avec mes voisines, comme ça, le soir. Vous savez, il y avait un très beau jardin, très agréable, comme ça, vraiment très agréable, il y avait des gens de famille qui venaient là-bas passer des vacances.
Il y avait des orchestres. Il y avait les jeunes filles de famille malgré qu’elles étaient étudiantes, qu’elles faisaient de bonnes études, et tout ça, qu’elles allaient à l’Université. On se regroupait, vous les voyez pas aller danser au milieu des autres, pas du tout, mais alors elles ne bougeaient pas. Voyez, nous étions ensemble, un groupe à part, et là j’ai fait connaissance de pas mal de monde
C’était très agréable, il y avait des soirées, des sorties…
Il y a avait des sites, qui sont magnifiques, vous savez, j’ai visité le patio, vous savez le palais de l’Amirauté, qui sont rénovés. Ah vraiment, c’est une merveille ! et le Ryad El Fateh ? Est -ce que vous êtes allé ? Vous avez visité ? Ah, quand même c’est beau ! Et vous avez visité le site militaire ? Non ? Vous n’avez pas visité cela ?
Il y a pas mal de choses, il y a des souvenirs qui restent, qui restent quand même tracés dans notre mémoire. On ne peut pas oublier notre pays, c’est pas vrai, on ne peut pas oublier, c’est pas possible.
Et moi j’ai visité, je suis allée, par exemple, en 98, j’ai un neveu à mon mari qui est technicien supérieur à Hassi-Messaoud, vous savez, Salah. Oui, au sud, là-bas dans le sud. Vous savez, ils ont des maisons magnifiques là-bas. J’ai des photos, vous savez, allongés sur la pelouse, dans le jardin présidentiel. Le président, quand il vient au Sud, il a une maison particulière, elle était fermée, mais le jardin c’était ouvert. Vraiment on croyait pas trouver de telles verdures, de telles beautés de la nature. C’est magnifique. Il y a un petit zoo. Et là, j’ai passé un séjour agréable, je ne l’oublierai jamais… 12 jours. J’ai même des photos devant le puits de pétrole. Voyez, c’est très agréable et j’apprécie, j’ai beaucoup apprécié cela.

Ouahiba Z.
Témoignages/Algérie/Enfance