"Pour moi, quand j'étais jeune, la vie n'était pas pareille à la campagne."

Pour moi, quand j'étais jeune, la vie n'était pas pareille à la campagne. Je n'ai pas connu ce temps où l'on ramenait l'eau sur la tête - j'ai du en porter une ou deux fois tout comme pour la cueillette des olives en montant sur les arbres.
C'est pas la même vie !
Je n'ai pas vraiment connu ça car au début du mariage, on demande surtout à la jeune mariée de rester à la maison et de faire le ménage. Elle ne sort pas.
Mais je vivais quand-même à la campagne. A l'intérieur des maisons on vivait presque comme à la ville - même si on n'avait pas l'eau et l'electricité, on avait quand-même le gaz en bouteilles.
Là-bas, ce n'est plus comme avant : les gens ont construit des maisons, des routes, des batiments, des commerces, des cafés - c'est plus comme avant.
Encore maintenant, c'est l'eau qui manque au bled, surtout dans les villes. Des fois il n'y en a pas pendant deux ou trois jours. Je préfère être au douar qu'à Constantine.
Ca c'est dur pour les jeunes qui partent d'ici : ils le disent - même si ce n'est que le temps des vacances pour eux. Et encore, il y a des cuves où l'eau est en réserve, ça leur permet de prendre des douches tous les jours. Ils sont en vacances, ils ne s'aperçoivent pas comment c'est dur de faire la vaisselle dans des bassines avec si peu d'eau par exemple.
Ca serait vraiment difficile pour eux s'ils s'installaient là-bas. Etre en vacances au pays, c'est pas la même chose que d'y vivre tout le temps.

Aicha A.
Témoignages/Algérie/Enfance