"Je n’avais plus de papier, plus de passeport : ce sont des amis français, professeurs, qui m’ont aidée."

On n’avait ni copains, ni copines en France. Mon père était vraiment strict, il fallait marcher tout droit, ne pas discuter. Ne pas parler avec une copine. Et de voir des copines algériennes avoir des fréquentations ou être enceintes lui faisait peur. Il disait que ses filles ne devaient parler à personne tant il craignait les mauvaises fréquentations.
J’ai vécu 2 ans en Algérie. Pas plus. Les autres ont vécu 10, 15 ans avant de venir en France mais c’est par rapport à leurs maris qui n’ont jamais voulu qu’elles viennent en France. Moi, par chance mon mari n’était pas comme ça et il a compris ; je n’avais plus de papier, plus de passeport ce sont des amis français, professeurs, qui m’ont aidée. J’ai la chance d’avoir un mari qui n’est pas méchant et qui me laisse avoir mes contacts, par téléphone.
Puis, j’ai reçu mes papiers mais je disais à mon mari soit je retourne en France soit je… pour moi cela a été jusqu’à l’idée de suicide, j’ai eu vraiment de la chance de tomber sur ce mari car les demandes en mariage ne manquent pas surtout quand ce sont des filles qui viennent en France et qui n’ont que 18 ans. Les demandes c’est comme à l’A.N.P.E. mon père n’a pas du tout accepté, ma mère je ne sais pas trop mais je suis venue quand même.

Lila S.
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