"J’ai prévenu mon mari, il le sait, je ne voudrais pas être enterrée en France mais ma vie est en France."

S’il m’arrive quelque chose, j’aimerais bien être enterrée chez moi, je l’ai dit ; j’ai prévenu mon mari, il le sait, je ne voudrais pas être enterrée en France mais ma vie est en France ; c’est là que j’ai construit ma maison, c’est là que vivent mes enfants, c’est là qu’ils vont grandir. Ils vont avoir à leurs tours leurs propres vies et je ne crois pas qu’ils souhaitent faire leurs vies en Algérie. Trop de différences existent : la culture, la loi, les droits. C’est vraiment trop différent d’ici.
Ils n’auraient pas les mêmes choses qu’ils ont l’habitude d’avoir en France : le droit de parole, le droit de choisir leurs vies. Ils n’auront pas les mêmes chances et même si l’Algérie change, elle sera toujours marquée. Même pour obtenir un document culturel c’est difficile : on a le droit à telle chose et telle autre chose est interdite. Il faudrait que beaucoup de choses changent : la culture, les gens.
L’homme a beaucoup plus de droits que la femme. En fait, la femme n’a pas le droit de s’exprimer et c’est toujours l’homme qui choisit pour elle. Sur sa propre vie, elle n’a rien à dire. Ce n’est pas normal qu’une femme doive partager la vie de quelqu’un qu’elle ne connaît pas. Qu’elle ne connaît pas du tout mais la femme accepte parce qu’elle ne peut pas faire autrement. C’est comme ça et c’est tout.

Fatima A.
Témoignages/Avenir/Mort